La session souhaite mettre en évidence le paradoxe inhérent aux frontières africaines : érigées et défendues pour valoriser les espaces-nation qu’elles délimitent, elles représentent également des aires d’échanges et de circulations qui transcendent les découpages initiaux. Ce paradoxe plonge d’autant plus les économies et sociétés africaines dans l’incertitude que l’économie mondialisée valorise avant tout les circulations à grande distance qui lui sont profitables. Les conséquences spatiales sont radicales : supportées par de nouvelles infrastructures de transport, type corridor, ces circulations-là tendent à renforcer la prééminence des villes capitales, dont le destin métropolitain s’accentue, et à négliger l’espace local. La session accueillera des communications basées sur des enquêtes de terrain menées sur le temps long, qui montrent combien les échanges à longue distance s’interpénètrent aussi avec les circulations locales, voire parfois en dépendent, soulignant la vitalité des dispositifs d’échanges dans les processus d’intégration trans-étatique.
