Titre de la communication
Des savoirs situés, sensibles et poétiques pour un autre récit les lieux
Résumé de la communication
Du plus petit village à la plus grande métropole, nos territoires sont soumis aux impacts des différentes crises que nous traversons, bouleversant nos représentations et plongeant certains de nos acquis géographiques dans le doute. Alors que nous avons exploré toutes les surfaces possibles de la planète et que nous possédons les outils techniques pour retranscrire cette connaissance, voilà que la perplexité s’installe non seulement dans la représentation du monde, mais aussi dans la manière dont nous façonnons nos territoires. Les lieux ne sont plus ce qu’ils étaient ; prévoir leur futur devient une pelote d’incertitudes (Amphoux 2022).
Dans ce contexte, de nouvelles formes de représentation de la spatialité sont mobilisées par des démarches artistiques situées, faisant valoir leur droit à la ville (LEFEBVRE 1968) en proposant des modalités d’intervention qui puisent dans le génie des lieux (PITTE 2010) pour mieux les révéler, grâce à la production de savoirs situés, sensibles et poétiques. Ces démarches sont intéressantes à plusieurs titres : elles permettent d’une part de « sortir de l’oracle des experts » (ILLICH 1973) et d’autre part de revenir à un « urbanisme du mouvement » (LALLEMAND 2013), vu du sol, in situ, en présence.
Pour illustrer le propos, quatre exemples seront proposés : « Empreinter la ville » par Hélène Sanier (cartographier la notion d’habiter) ; l’urbanisme enchanteur de l’Agence Nationale de Psychanalyse urbaine (concevoir un quartier sans passer par le plan ou la maquette en prenant en compte les défis climatiques) ; « Metamortem » par Grand Dehors (des rituels funéraires dédiés aux lieux qui se transforment ou disparaissent) ; l’aventure artistique Transfert sur les anciens abattoirs de Rezé qui a conçu une place publique à échelle 1 :1 à partir des différents récits des lieux, passés, présents et futurs.
Dans un monde imprévisible, il est urgent de proposer des chemins alternatifs qui permettent de se représenter différemment les lieux, afin de rouvrir des espaces démocratiques de la fabrique des territoires et « d’élever nos imaginations à la hauteur des défis » (DAVIS 2025), en conférant aux artistes une vraie place, aux côtés d’autres disciplines ayant à faire avec la fabrique des territoires.