Titre de la communication
Les pertes post-récolte à Dalaba au rythme des incertitudes, petites et grandes de la production à la consommation
Résumé de la communication
De façon tout à fait improbable, nous avons réalisé en 2025 un atelier participatif avec les acteurs de l’agriculture et de l’alimentation du territoire de Dounkimagna, Dalaba, Guinée Conakry. Nous faisons le récit de cette expérimentation en identifiant toutes les incertitudes rencontrées et en analysant comment leur dépassement nous a permis d’apprendre et d’agir collectivement.
Si l’atelier s’est réalisé en octobre 2025, les prémisses ont démarré en 2022 quand au hasard d’un séjour à Dalaba pour cause humanitaire, une chercheure française en Agronomie des Territoires (Lardon, 2012) se rend compte que Dalaba est le siège de la formation nationale en sciences et médecine vétérinaire de Guinée. La visite à l’ISSMV se traduit d’abord par une rencontre avec les enseignants et la direction, puis par un cours aux étudinats de 3° annnée, et enfin par le montage d’un projet partenarial, sous l’impulsion des étudiants qui souhaitent mettre en pratique la démarche participative de jeu de territoire (Lardon, 2013) présentée en cours. Le projet implique les étudiants du Département Technologie et Contrôle des Produits Alimentaires (TCPA) et enseignants dudit Département de l’ISSMV et le Centre de Promotion Horticole (CPH) de Dounkimagna, dont le directeur qui mobilise les producteurs du territoire sur une problématique qu’ils ont identifiée en commun : les pertes post-récoltes, sujet crucial avec les incertitudes liées au changement climatique. Le projet implique également la mairie de Dalaba et mobilise les acteurs institutionnels tels que la Chambre d’Agriculture, la Direction de l’Agriculture et la Fédération des paysans du Foutah Djalon.
Se mettent alors en place un processus de formation des étudiants, grâce aux outils technologiques de visio-conférences entre la France et la Guinée et un processus d’enquêtes sur le terrain, malgré le manque de financement pour les déplacements, grâce aux contacts du directeur du CPH, à l’encadrement des enseignants de l’ISSMV et à l’énergie des étudiants. Les étudiants affrontent le doute, la complexité, le manque de visibilité pour obtenir des réponses à leurs questions sur les rendements agricoles et les causes des pertes auprès des agriculteurs de Dounkimagna, mais aussi des transporteurs et des vendeurs au marché de Dalaba.
Si les étudiants et les enseignants sont prêts à animer un atelier participatif, si les acteurs du terrain sont invités à participer, il reste encore à organiser la logistique. Le lieu est tout trouvé, ce sera dans la grande salle de l’ISSMV, mais encore faut-il pouvoir faire venir les acteurs (professionnels et institutionnels) et les défrayer de leur déplacement. Ce sera l’Agence belge de coopération internationale ENABEL qui apportera son soutien financier, suite à la participation imprévue de ses membres à l’une des restitutions académiques des travaux de terrain des étudiants de Dalaba. Pour l’horaire, afin de combiner la disponibilité des encadrants et la présence des étudiants, ce sera le jour de la rentrée scolaire, le 20 Octobre 2025, date décidée par le gouvernement guinéen quelques semaines avant. Juste après le lever du drapeau, la direction inaugurera le lancement de l’atelier participatif d’une cinquantaine de personnes qui ont réfléchi collectivement à : « Comment réduire les pertes post-récoltes pour le territoire de Dounkimagna ? ». Les actions proposées concernent le renforcement des capacités des acteurs, pour se former aux bonnes pratiques agricoles, la mise en place d’équipements de conservation des produits et la création d’un atelier de transformation locale des produits au CPH (Promotion 4° année étudiants Technologie et Contrôle des Produits Alimentaires (TCPA) ISSMV et al., 2025). Par ailleurs, la démarche a convaincu ENABEL qui l’étend actuellement aux régions de Mamou et Kindia, malgré les incertitudes politiques et administratives.
Ainsi, chacune des incertitudes, petites ou grandes, a été dépassée ou contournée et a généré des résultats improbables mais innovants, improvisés mais reproductibles.
Lardon S. (Dir.), 2012. Géoagronomie, paysage et projets de territoires. Sur les traces de Jean-Pierre Deffontaines. QUAE, collection Indisciplines, 340 pages.
Lardon S., 2013. Le « jeu de territoire », un outil de coordination des acteurs locaux. Revue FaçSADe, Résultats de recherches du département Inra-Sad, 38, 4 pages.
Promotion 4° année étudiants ISSMV, Sylvie Lardon, Mamadou Lamara Souaré, 2025. Comment réduire les pertes post-récoltes pour le territoire de Dounkimagna ? Plaquette du jeu de territoire du 20 octobre 2025. Document ISSMV, ENABEL, 24 pages.
Titre du symposium ou table ronde
SESSION 14 L’INCERTITUDE COMME PRINCIPE DE CONNAISSANCE ET D’ACTION TABLE RONDE. AGIR AVEC/PAR L’INCERTITUDE