Titre de la communication
Cartographier des biorégions : entre géographie et devenir partagé ?
Résumé de la communication
La notion de biorégion articulant des approches naturalistes (Van Newkirk, 1975), politiques et militantes (Berg, Dassman 1977 ; Sale, 1985) ou territoriales (Magnaghi, 2014), invite à reconsidérer les processus de co-évolution (Magnaghi 2014) constitutives des milieux de vie humains et non-humains. L’un des points de convergence des différentes déclinaisons territoriales de la notion de biorégion est le rôle donné aux bassins-versants (Newkirk, 1975 ; Sale, 1985 ; Rollot et al. 2021), comme entités hydro-géographiques permettant d’appréhender et de repenser les relations entre les différents éléments constitutifs de ce milieu. La recherche-action « Réhabiter une biorégion dans la vallée de Munster », entamée en 2026 et associant le Parc Naturel Régional des Bassins des Vosges, des enseignant·es-chercheur·euses de l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Strasbourg et du master « design-réhabitant » de la Haute Ecole des Arts du Rhin, part ainsi du bassin-versant d’un sous-affluent du Rhin, la Fecht, pour enquêter et cartographier les processus de co-évolution (Magnaghi 2014) qui ont façonné au cours des siècles ce territoire tout en envisageant, dans une étape à venir, son devenir par le projet. Cette démarche de recherche-action (en design, architecture et urbanisme), poursuit une réflexion menée dans le cadre d’une précédente recherche-action dans une vallée ardéchoise menée entre 2016 et 2020 (Nowakowski, 2022), en venant plus précisément interroger ce que peut signifier habiter, co-habiter (Lussault, 2024) ou réhabiter (Berg, Dassman, 1977) une biorégion en devenir. L’enquête en cours s’efforce pour cela de saisir, par la cartographie, les multiples entrelacements, interférences, interactions reliant les co-habitant·es (humains et non-humains) partageant ce territoire. Il s’agit aussi par-là d’interroger la manière dont la « mise au jour » de ces interrelations contribuent à la perception et compréhension partagée de la possible biorégion. Ces représentations viennent mettre en tension une entité hydro-géographique identifiable à priori, par la description (Corboz, 2001) tout en esquissant, d’abord par les changements de point de vue qu’elles impliquent, l’identification de nouveaux horizons d’attente (Kosseleck, 1990). L’enquête sur la biorégion agrège dès lors une dimension à la fois descriptive et tangible (d’un déjà-là et d’un héritage) mais également prospective (ouvrant vers des futurs possibles et souhaitables, mais incertains). En s’appuyant sur un corpus de cartographies et le récit des enquêtes menées dans deux vallées, la communication proposera une réflexion sur les potentialités de la notion de biorégion, par l’approche descriptive (et cartographique) spécifique qu’elle peut induire, à renforcer le pouvoir d’agir et la conscience des lieux (Magnaghi, 2017) de ses différent·es habitant·es.