Titre de la communication
La géographie humaine et ses revues « internationales » : malaise et incertitudes quant à la multiplication des médias de diffusion de la recherche
Résumé de la communication
Il y a quelque 25 ans, nous démontrions la prédominance des auteurs nationaux dans les principales revues « internationales » de géographie et investiguions la situation des revues francophones qui étaient elles aussi dominées par des auteurs issus du pays de la revue (Schmitz, 2003). Depuis lors, la dématérialisation de nombreuses revues, l’explosion du nombre de chercheurs, la création de revues géographiques thématiques de plus en plus spécialisées, la multiplication des revues interdisciplinaires et des revues qui facturent les frais de publication aux auteurs, ont profondément changé les possibilités de publication. Le chercheur en géographie se retrouve devant une importante variété de supports pour communiquer à propos de ses recherches, et tenter de marquer des points pour l’avancement de sa carrière académique, avec, cependant, de nombreuses incertitudes sur la portée de ses choix. La communication propose, d’une part, de souligner les innovations disruptives du monde de l’édition scientifique et de la valorisation de la recherche au cours de ces 25 dernières années, puis fait le point, en reproduisant l’étude de 2003, sur la provenance des auteurs des principales revues de géographie « internationales » et francophones publiées en 2024 et 2025. Elle constate l’évolution exponentielle de nombre de revues, d’articles et d’auteurs, l’importance des revues en ligne, la croissance des coûts tant pour s’abonner à des revues ou pour publier dans certaines revues, les dictats pour obliger les jeunes chercheurs à publier dans des revues reprises et bien classés dans certaines bases de données, la poussée des auteurs chinois appuyée par une politique d’état, le malaise de nombreux chercheurs face à des règles qui varient dans le temps et d’un pays à l’autre.